Contributeur du mois: Ben Laenen

OpenStreetMap n’existerais pas sans ses contributeurs (ou “mappers”). Pour cette raison nous vous présenterons chaque mois un de ces contributeurs. Notre premier contributeur du mois est : Ben Laenen !

Ben Laenen, connu dans la communauté OpenStreetMap sous le pseudonyme de Eimai (qui se prononce /ˈimɛ/ comme le mot grec είμαι (je suis)), vit à Anvers et est conducteur de train. Durant ses études, Ben est devenu un membre actif du monde FOSS. Par exemple, il est un des responsables de la police “DejaVu”, une police standard se trouvant dans beaucoup de distributions Linux. Cette police est aussi utilisée dans Mapnik, le principal outil de rendu de carte d’OpenStreetMap. Ainsi, il est aussi actif dans la communauté “Libre Graphics”, plus spécialement pour les sujets typographiques.

Comment avez vous découvert OpenStreetMap ?

A un moment donné la communauté open source a accordé plus d’attention à OpenStreetMap. Je suivais déjà ce projet, étant impliqué dans le développement de la police DejaVu. J’ai commencé à cartographier en 2007. A ce moment-là, pour la Belgique, il n’y avait presque rien d’encodé et les membres de la communauté se comptaient sur les doigts d’une main. Étant petit, je m’intéressais déjà fortement à toutes sortes de cartes. Je pouvais passer des heures à contempler des atlas et des cartes papier. J’avais même dessiné des cartes que imaginaires. OpenStreetMap a reveillé mon intérêt pour la cartographie !

Comment utilisez-vous OpenStreetMap ?

J’utilise bien-sûr OpenStreetMap pour préparer mes voyages via un ordinateur, et j’utilise aussi OsmAnd sur mon téléphone mobile, en Belgique et à l’étranger. OpenStreetMap est aussi très pratique professionnellement : les installations ferroviaires peuvent être très complexes et les cartographier me permet de mieux les visualiser. Bien-sûr, nous avons les plans techniques, mais voir la localisation exacte sur une carte est vraiment utile.

Quelle sorte de contributeur êtes vous ?

Actuellement je suis plus un contributeur à distance. J’utilise donc principalement l’imagerie aérienne pour cartographier. Mais j’essaie de vérifier ce que je cartographie ! Quand je me balade, je prends souvent mon vélo armé d’un GPS et un magnétophone. Presque tout le temps, je cartographie le territoire belge, même si je cartographie l’étranger quand j’y vais en voyage.

Que cartographiez vous? Avez-vous une spécialisation ?

Au début, il n’y avait pas le choix, nous devions cartographier les routes. Après un petit temps, quand toutes les routes d’Anvers était cartographiées, j’ai commencé à cartographier les itinéraires cyclables et ensuite les itinéraires pédestres. Pour ces derniers, ça était très intéressant de découvrir des petits chemins que sans cette expérience je n’aurais jamais connus. Récemment, je travaille sur les infrastructures ferroviaires, qui est en rapport avec mon travail. J’ai cartographié beaucoup de choses depuis mes débuts, mais je n’ai jamais passé de temps à renseigner les points d’intérêt.

Qu’est ce qui vous motive pour cartographier ?

Tout simplement car ça m’amuse. Bien sûr ça rejoint mon idée que FOSS et l’open data sont de très grands progrès. Quoi qu’il en soit, si ce n’était pas amusant, j’aurais fait autre chose. C’est aussi très gratifiant de découvrir des endroits intéressants, même proche de chez soi, des endroits dans lesquels on n’aurait jamais été et qu’on aurait jamais connus.

Faites-vous d’autres choses liées à OpenStreetMap?

Au début j’ai beaucoup participé à l’acitivité de la liste de diffusion. J’ai aussi beaucoup contribué au wiki d’OpenStreetMap pour expliquer comment les objets doivent être référencés. Depuis que les sujets qui m’intéressaient sont traités, je suis moins actif. Mais j’ai quand même des violon d’Ingres comme cartographier les chemins de Belgique.

Avez-vous des idées pour élargir la communauté d’OpenStreetMap ?

Il faut surtout se demander comment attirer les gens qui n’ont encore jamais entendu parler de données libres et d’open source. La plupart des personnes s’arrêtent à Google Maps et ne s’imaginent même pas qu’il existe des alternatives, y compris ceux qui utilisent Google Map Maker. Une des seules façons de les atteindre est d’augmenter la visibilité d’OpenStreetMap dans leur monde et dans les médias. Une autre possibilité est de convaincre des sites d’utiliser OpenStreetMap au lieu de Google, mais malheureusement il est presque impossible d’entrer en concurrence avec un tel géant qui entremêle complètement ses services.

Quelle est, selon vous, la plus grande force d’OpenStreetMap ?

C’est également un de ses points faibles: la liberté permise lors de la contribution. La personne qui désire cartographier quelque chose qui n’a encore jamais été cartographié, va créer ses propres tags et faire comme bon lui semble. Le problème est bien sûr que différents contributeurs ont différentes philosophies et qu’ils ne s’accordent pas toujours sur la cartographie de certaines choses et situations. Cela engendre pas mal de discussions.

Et quel est notre plus grand défi ?

Le premier défi est de tenir à jour les données. Avant de mettre à jour une donnée, il faut que le contributeur soit au courant du changement. La possibilité d’ajouter des notes sur www.openstreetmap.org est certainement un bon outil qui permet à des utilisateurs qui ne sont pas intéressés de cartographier d’apporter leur pierre à l’édifice en signalant des changements. Mais il y a certainement de nombreux angles morts sur la carte où les mises à jour nécessaires n’ont pas lieu. Le deuxième défi se trouve déjà dans la réponse de la question précédente: comment cartographier de manière cohérente avec des personnes du monde entier (même d’un seul pays)?

Encore une dernière conclusion ?

Lorsque je regarde tout ce qui a déjà été réalisé pendant toutes ces années dans OpenStreetMap, je suis assez fier. Voir grandir au fil du temps la carte à partir d’un canevas quasi vide est très fascinant. J’ai eu beaucoup de chance d’être présent dès le début. Qui sait où nous seront dans dix ans!?