Contributeur du mois: Olivier Roussel

Olivier Roussel, ou Dagou sur OpenStreetMap, est originaire de Bruxelles, mais habite actuellement à Arlon. Il a une formation scientifique (docteur en chimie) et il travaille dans un laboratoire de recherche et développement d’une société privée au Grand-Duché de Luxembourg. OpenStreetMap est un vrai hobby.

Comment et quand as-tu découvert OpenStreetMap ?

Lors de la rédaction de ma thèse (2006), j’ai utilisé LaTeX : un programme de mise en page de type ouvert, mais nettement avant les programmes de type “open”. Je suis ensuite passé à GNU/linux, puis j’ai commencé à utiliser Wikipédia et j’ai enfin utilisé OSM, mais tout cela sans contribuer activement. C’est en 2013, lorsque j’ai commencé a travailler au Grand-Duché que j’ai commencé à contribuer à OSM : pour aller travailler, je prenais le train puis mon vélo dans le zoning industriel. Or une rue de ce zoning est réservée au transport en commun, aux vélos et piétons : une barrière barre la rue en S en son milieu, et seul le conducteur de bus peut l’ouvrir à distance. En passant à coté à vélo, j’ai observé plusieurs voitures et camions qui devaient faire demi-tour en arrivant devant la barrière et ce malgré les panneaux de “cul de sac” au début de la rue : les gens y allaient donc en suivant les instructions de leur GPS, qui ignorait la présence de la barrière. OSM était également dans le cas et c’est ce qui m’a décidé à devenir un contributeur d’OSM : une petite modification pour que des gens ne fassent plus demi-tour à cet endroit-là. J’ai ensuite progressivement augmenté ma connaissance des tags d’OSM et contribué de plus en plus.

Utilises-tu OpenStreetMap au quotidien ?

Je n’ai pas de GPS de voiture, mais j’ai OsmAnd+ sur mon GSM et ma tablette et je regarde souvent la carte sur le site d’OSM, rarement pour des raisons professionnelles : je ne voyage que 2 à 3 fois par an pour le travail et souvent vers les mêmes endroits. J’utilise plus OsmAnd lors de mes vacances.

Quelle sorte de contributeur es-tu et dans quelle zone cartographies-tu ?

Je suis un contributeur qui aime mettre sur la carte ce qu’il a vu avec ses yeux. Et bien souvent, cela concerne de petit détail (boite au lettre, bouche d’incendie, banc, table de pic-nic, etc.) comme des bâtiments. Pour placer avec précision mes observations sur la carte, j’utilise soit les images satellites, soit les traces faites avec le GPS de mon GSM ; mais cela demande souvent plusieurs traces pour avoir une bonne précision. Je cartographie principalement les deux Luxembourg (le Grand-Duché et la province belge), le coin d’Auvergne d’où est originaire ma famille et où je vais souvent en vacances, je fais également quelque contributions à Bruxelles et sur mes lieux de vacances. Mais toutes ces contributions commencent par l’observation d’une différence entre la réalité et la base de données d’OpenStreetMap.

Quel es ta plus grande prouesse en tant que contributeur ?

Je suis sans doute arrivé sur OpenStreetMap trop tard pour avoir de grandes prouesses à mon actif : les grands aménagements ont déjà été cartographiés, mais je crois que les ruisseaux sont faits de petites rivières et donc, modestement, par la somme de mes petites contributions, je participe à la création de cette grande prouesse qu’est OpenStreetMap dans son ensemble.

As-tu des idées sur la façon dont nous pouvons étendre la communauté ?

Je pense qu’un bon contributeur est un contributeur qui est motivé par le fait d’avoir la carte la plus juste possible, donc plus OpenStreetMap est connu et plus les gens motivé corrigeront des défauts qu’ils auraient observés près de chez eux. Donc pour avoir plus de contributeurs, nous avons besoin de plus de personnes visitant OpenStreetMap, pour cela une meilleure visibilité médiatique est sans doute nécessaire.

Quelle est, selon toi, la plus grande force d’OpenStreetMap ?

La plus grande force d’OpenStreetMap est son réseau de contributeurs : tout changement est assez rapidement observé par quelqu’un qui peut faire le changement dans la base de données. Lors de l’agrandissement du piétonnier à Bruxelles, OpenStreetMap a été très réactif (plus réactif que des solutions classiques) c’est cela aussi sa force : sa réactivité face aux changements.

Et quel est le plus grand défi pour OpenStreetMap ?

Pour moi le plus grand défi d’OSM est de répondre à la demande de tous ces contributeurs, de celui qui veut quelque chose de très précis à celui qui veut que des infos générales. Ainsi que de répondre à plein de besoins particuliers sans encombrer trop la lecture de la carte. C’est pour cela qu’il existe beaucoup de façons d’interpréter la base de données d’OpenStreetMap : pour les conducteurs, pour les cyclistes, pour les randonneurs, pour les marins, pour les skieurs, pour les fauteuils roulants, etc. Il faut juste trouver un moyen de rediriger les visiteurs vers la carte la plus adaptée à ces besoin, sinon, il ne reviendra probablement pas.

As-tu des contacts avec d’autres cartographes ?

Je ne suis pas très social par internet et je n’entretiens donc pas de contact régulier avec les autres cartographes. Mais je les contacte directement lorsque je veux discuter d’une contribution particulière.

Pour conclure, y a-t-il encore quelque chose que tu souhaites dire au lecteur ?

S’il lit ceci et qu’il hésite à contribuer, qu’il n’hésite pas : c’est très valorisant de voir la carte lisible par littéralement tout le monde reprendre quelque secondes plus tard les modifications que l’on a faites (en oubliant pas de rafraîchir sa page internet ;-)