Contributeur du mois: Sus Verhoeven

Qui es-tu ?

Sus est mon alias ordinateur (sur osm susvhv), le “ç” de François ne m’a causé que des ennuis au début des PC’s. Né en 1933 ( comptez vous-mêmes ) en région bruxelloise, j’ai émigré à Mol pour y travailler au Centre d’Études Nucléaires comme technicien. Lors d’une restructuration le CEN m’a viré en prépension et depuis plus de 25 ans je me la coule douce. Lors de mes études je n’ai jamais entendu parler d’ordinateurs. Heureusement au CEN j’ai eu la chance de pouvoir, dans mon coin, me familiariser tant avec le matériel qu’avec les logiciels et concevoir de l’appareillage à base de microprocesseur et de microcontrôleurs. Jusqu’à présent j’ai acheté tout mes desktop en pièces détachées. Le dernier tourne sous Ubuntu. Les laptops, je les achète. Au début, au boulot, les émulateurs pour microprocesseur coûtaient la peau de fesses, mais quelques années après la mise en pension je me suis aperçu qu’un microcontrôleur ATMEGA8 ne coûtait plus que quelques euros et était parfaitement programmable à partir d’un port série (maintenant USB) de PC avec des programme gratuits. Actuellement à la période du IOT on a des modules Wifi (Nodemcu, ESP8266) bardés d’interfaces, programmables sous Arduino. Un de ces modules transmet la température de la véranda à la toile et je peux la consulter par smartphone. J’ai mon propre nuage, Owncloud, avec un disque dur d’1 TB piloté par un Raspberry Pi, vous savez, cet ordinateur pour enfants.

Comment et quand as-tu découvert OpenStreetMap ?

De par mon passé de pilote ULM, rallymen, promeneur et géocacheur j’ai toujours manipulé des cartes et dès son apparition je me suis intéressé au GPS, d’où le besoin de cartes, de préférence gratuites. Depuis 2008 j’ai un compte OSM, mais j’utilisais les cartes bien avant malgré les grandes zones blanches sur OSM à cette époque. Mes débuts de mappeur datent seulement de 2011. Le seuil à gravir me semblait trop grand. Par hasard, une ligne haute tension s’arrêtait au pylône de ma rue et j’ai tenté de la prolonger en recherchant la suite des pylônes. Lorsque la ligne haute tension ainsi complétée est apparue sur les cartes OSM, l’élan fut donné et par la suite tous les sentiers pédestres ont suivi, puis les nouvelles rues, les noms des rues, les maisons, les numéros des maisons, les zones, etc, etc. Résorber les zones blanches.

Utilises-tu OpenStreetMap au quotidien ?

Sur le Garmin Dakota20 et sur le smartphone sous Android se trouvent les cartes de toute l’Europe, régulièrement mises à jour. Lors de nos voyages en car - nous ne faisons plus de voyages en voiture - je sais mieux que le chauffeur où l’on se trouve. D’Andorre j’ai toutes les pistes de ski en poche. Sur le smartphone avec 32 GB de mémoire j’utilise OsmAnd, Locus et Oruxmaps. J’ai testé Vespucci pour ajouter les numéros des maisons, mais c’est inutilisable en plein soleil avec des mains moites.

Quelle sorte de contributeur es-tu ?

Luie Zetel Pour mapper, je ne quitte plus mon fauteuil. Comme éditeur, j’emploie JOSM. Je l’ai rangé quelque temps lorsqu’il me remplissait tout le disque dur, mais ces défauts ayant été résolus, je l’ai repris car on y intègre de plus en plus de facilités tel que les liens vers les images photos et AGIV pour la Flandre. À Anvers j’ai assisté à une réunion principalement orientée vers HOT, j’ai donné suite à la dernière demande de Jorieke et j’ai rempli quelque carrés. Il faut bien un peu s’adapter et j’ai difficile à me tenir strictement aux instructions, ce qui n’arrange pas l’uniformité de la carte.

Que cartographies-tu ?

Actuellement on dispose d’une imagerie nettement supérieure et des informations de AGIV et CRAB pour le numéros des maisons ; c’est une nette amélioration par rapport aux anciennes données de Bing. Je charge d’abord avec le tool de Sander les informations par numéro de code postal, généralement dans la région autour de Mol, mon point d’attache, et je corrige la forme des maisons, les rues, les noms de rue, zones, etc. Jusqu’à compléter la zone au maximum. En fonction des conditions atmosphériques, cela peut prendre quelque semaines à quelques mois. J’essaie de ne pas faire trop longtemps la même chose mais j’ai horreur des relations lorsqu’il s’agit d’apporter des corrections de noms.

Quelle est ta plus grande prouesse en tant que contributeur ?

De pouvoir suivre. Mais j’aurais préféré qu’on me demande: quelle est ta plus grosse bévue ? Dans JOSM le ‘”Q” (forme orthogonale) m’a déjà joué de vilains tours lorsque par hasard toute une zone résidentielle est sélectionée et que l’on ne l’a pas remarqué car elle se trouvait en dehors de l’écran. On voit soudainement pendant l’envoi défiler un grand nombre de modifications, parfois plus de mille, et pas moyen de l’arrêter. Le seul moyen que j’ai trouvé pour corriger la bévue est de d’utiliser le smartphone et OsmAnd et de remettre tout en place. Mais cela peut prendre quelques jours s’il s’agit de tout une ville ou d’un village. Cela a quand même un avantage, les zones sont adaptées à une situation plus récentes et réduites. Il est remarquable de constater le nombre de bois rasés, de quartiers entiers qui ont surgi de terre et combien de prairies ont été labourées. Une ligne haute tension y a également été construite. Mais excuses s’il n’y a plus la bonne tension et si certaines caractéristique ont disparu. Si vous trouver un pylône sans fil et sans son ombre, n’hésitez pas à le supprimer. Que personne ne m’ait fait de remarque à ce sujet m’étonne, mais j’ai remarqué que certains font des zones résidentielles beaucoup plus petites, ou ai-je faux ? En fait, je trouve que dans JOSM, pour le “Q”, on devrait insérer une sécurité comme celle qui demande confirmation lorsque l’on déplace une route ou une zone avec trop de nœuds sélectés à la fois. Un compteur signalant le nombre de corrections ou d’additions serait également souhaitable car cela limiterait le nombre d’entrées à jeter lorsqu’on se retrouve avec une erreur qu’on ne parvient pas à corriger.

Pourquoi cartographies-tu ?

C’est toujours gai de se promener par un sentier qu’on a mis soi-même sur la carte. Depuis longtemps je soutiens tout ce qui est “open” et gratuit. C’est aussi une bonne forme d’occupation et une manière de rester à jour. C’est mon SUDOKU à moi. Peut-être inconsciemment le désir de laisser quelque chose à la postérité et d’aider l’humanité. Mais ne philosophons pas trop.

Fais-tu d’autres choses liées à OpenStreetMap ?

Je suis régulièrement les messages du mailgroup pour savoir ce que pensent les autres mappeurs, mais encore entreprendre et entretenir, je ne le fais plus. J’admire le travail des tous ces programmeurs et de ce qu’ils réalisent avec toutes ces données. Mais beaucoup de choses me dépassent.

As-tu des idées sur la façon dont nous pouvons étendre la communauté OpenStreetMap, pour motiver plus de gens à contribuer ?

Ne comptez pas trop sur ceux de mon âge, j’ai essayé mais sans succès. Le problème c’est que la masse de données à introduire est énorme et les connaissances en informatique que cela requiert. Le seuil à franchir est énorme pour la plupart. On trouvera probablement plus d’intéressés parmi les nouveaux pensionnés. Leur connaissance en informatique sont meilleures. Cela doit venir des jeunes en attirant leur attention sur l’énorme quantité de données mises à leur disposition gratuitement comme programmeur, mais les données doivent aussi être introduites. Je suis parvenu à convaincre un prof de géographie à soumettre à des élèves des travaux à l’aide de OSM, mais entre-temps il est lui-même en pension. Il y a des sites comme http://www.seniorennet.be ; ils ont des groupes notamment sur les ordinateurs et Linux ; quelqu’un peut démarrer un groupe.

Quelle est, selon toi, la plus grande force d’OpenStreetMap ?

C’est qu’il fait fi des frontières et qu’il aide à faire un monde meilleur.

Quel est le plus grand défi pour OpenStreetMap ?

De rester comme il est et de résister au piratage et au vandalisme. Heureusement, c’est gratuit et il n’y pas grand chose à gagner. Pourtant je me demande parfois si ce que je mappe ne peut pas être utilisé par des groupes malveillants dans des zones troublées. Bamako et ses environs par exemple.

Comment restes-tu au courant de toutes les petites nouvelles liées à OpenStreetMap ?

Essentiellement via le mailgroup Belge.

As-tu des contacts avec d’autres cartographes ? Comment restes-tu en contact ?

Mon premier contact a été avec Lodde1949 ; à mes débuts nous étions tous deux par hasard à mapper dans le même patelin, lui en JOSM et moi en Potlatch, ce qui peut donner pas mal d’ennuis. Nous avons convenu que j’irais mapper ailleurs, mais il m’a fait remarquer qu’avec JOSM il suffisait de “deux ou trois clics” pour faire une maison. Non sans peine je me suis mis à JOSM. Par curiosité j”ai assisté à une réunion à Anvers où il était surtout question de HOT. J’ai aussi participé à quelques Hangouts. Pour le reste c’est très peu. Il y en a deux près de Mol, mais ils sont très irréguliers.

Sus’ profile by Pascal Neis http://www.hdyc.neis-one.org/?susvhv

Pour conclure, y a-t-il encore quelque chose que tu souhaites dire au lecteur ?

Puis-je insister auprès de tous de ne pas effacer ce que d’autres ont introduit, même si c’est bâclé. Effacer peut signifier un adepte de moins. Les images sous-jacentes sont actuellement bien plus précises et mieux alignées que celles utilisées il y a quelques années. J’ai moi-même tendance à effacer et à redessiner, mais je ne le fais qu’avec ce que j’ai auparavant introduit moi-même. Dans JOSM un Ctrl H est vite fait et peut rappeler de bon souvenirs. Parfois je m’exaspère quand je vois que l’on a ajouté des détails alors que la base est mal placée, détails dont je ne vois pas l’utilité. Pourquoi ne pas s’assurer que la base est convenable ?

Bon, j’arrête, car je commence à radoter.